Versailles n'était à la fin de la guerre de Cent Ans, sous le règne de Charles VII le Victorieux, qu'un petit village d'une centaine d'âmes.
Sa population est évaluée à la fin du XVIe siècle à environ 500 habitants, puis à un millier vers 1632 quand Louis XIII rachète la Seigneurie aux Gondi.
La population fait un bond à partir de 1662 quand Louis XIV engage les travaux de transformation du château qui se traduisent par l'arrivée de milliers d'ouvriers, souvent saisonniers, logés dans des baraquements, puis à partir de 1682, année de l'installation de la Cour à Versailles.
A la fin du XVIIe siècle, Versailles devait atteindre 20 000 habitants et était devenu une des villes importantes du royaume (Paris comptait alors environ 500 000 habitants).
La ville continua à se développer jusqu'à la fin du règne de Louis XIV pour atteindre environ 25 000 habitants, mais la mort de Louis XIV en 1715 et la décision du Régent Philippe d'Orléans, de transférer la Cour à Paris provoqua une récession et un reflux de la population de l'ordre de 50 %, provoquant un effondrement du marché immobilier.
Le retour de la Cour de Louis XV en 1722 provoqua un nouvel afflux de population et de grands travaux d'urbanisme.
La ville s'agrandit encore en 1787 en annexant le village de Montreuil. Elle comptait environ 60 000 habitants à la veille de la Révolution.
La Révolution provoqua à nouveau une chute de moitié de la population qui régressa entre 1790 et 1800 de 60 000 à 25 000 habitants, la ville perdant l'essentiel de ses fonctions politiques et administratives, partiellement compensées par la création de la préfecture de Seine-et-Oise.
Par la suite, la population continue à croître régulièrement au fur et à mesure que l'urbanisation s'étend. Ainsi les quartiers de Clagny et Glatigny se complètent vers la fin du XIXe siècle.
La crise de la Commune en 1871, suivie de l'installation du gouvernement à Versailles, provoque un afflux de Parisiens et une pointe transitoire de population qui augmente brusquement de 40 % pour dépasser 60 000 habitants au recensement de 1872 avant de retomber à 48 000 en 1881.
Après une croissance continue qui culmine à 73 000 habitants en 1936, la guerre de 1939-1945 provoque une nouvelle crise démographique. En 1946, la ville ne compte plus que 70 000 habitants.
Elle s'était littéralement vidée en juin 1940, tombant à environ 10 000 personnes au moment de l'exode.
Par la suite, du fait de l'intense effort de construction des années 1950-1970, la population a de nouveau sensiblement augmenté, atteignant son maximum historique de 94 000 habitants en 1975.
Depuis lors, on constate un tassement, l'urbanisation ne pouvant guère progresser davantage et la densité par logement ayant tendance à diminuer.